La
phénoménale croissance des entreprises
transnationales dans une économie de plus en
plus mondialisée nest pas le fruit dun
processus inévitable. Il sagit plutôt
dun phénomène social, historique,
qui résulte notamment de choix politiques faits
au nom de la population par les gouvernements. Cette
course à lexpansion infinie est généreusement
financée par lÉtat: les élites
sont convaincues que tout ce qui est gros et grand
savère bon marché, efficace, meilleur
et profitable pour tous. Et si ce nétait
pas le cas?
Steven Gorelick expose ici à qui et à
quoi profitent les fonds publics à lheure
de la mondialisation. Sans une kyrielle de subventions
directes et indirectes dans les domaines de lénergie,
des transports, des communications et de léducation,
les transnationales ne seraient pas devenues ce quelles
sont. Lauteur démontre que largent
des contribuables est utilisé pour créer
une structure économique servant à assouvir
lappétit toujours grandissant de ces
entreprises.
Les citoyens soutiennent donc, sans nécessairement
le savoir, les forces responsables de lérosion
des communautés, des emplois et de lenvironnement.
Loin de se laisser décourager par ce constat,
lauteur propose des solutions de rechange. Il
est possible de revoir nos modes de vie et le fonctionnement
du monde. Pour créer des structures qui protègent
la diversité culturelle et la richesse de la
nature, il importe de valoriser léconomie
locale plutôt que le commerce international,
et de miser sur la constitution de collectivités
vivantes et dynamiques plutôt que sur le renforcement
dorganisations lointaines et anonymes.
Coordonnateur
de lInternational Society for Ecology and Culture
(ISEC) au Vermont (États-Unis), où il
vit sur une petite ferme avec sa famille, Steven Gorelick
a écrit de nombreux articles sur les enjeux
liés à lagriculture. Les
gros raflent la mise est la traduction de Small
is Beautiful, Big is Subsidized (ISEC). La version
française est une coédition de lAssociation
Silence (Lyon) et des Éditions Écosociété
(Montréal).
TABLE
DES MATIÈRES
INTRODUCTION C’est ça l’évolution,
non ?
CHAPITRE PREMIER Et les gros grossissent encore
La manie de la fusion
Quand les grosses compagnies dirigent l’économie
Adieu aux petites entreprises
Les petites fermes contre l’agro-industrie
L’essor des mégalopoles
Qu’entend-on donc par « petit »
et « local » ?
CHAPITRE II La croissance de l’échelle
et de l’infrastructure facilitée
Entretenir la croissance
Échelle locale, échelle humaine
Le mythe des frais d’utilisation
CHAPITRE III Le transport sur longues distances
subventionné
« Notre pays sera partout »
Des routes, des routes, encore des routes
Ce qui est bon pour General Motors...
Des cieux favorables aux grosses compagnies
Les subventions aux aéroports
On recherche 13 000 cyclistes
CHAPITRE IV La communication du globalisme
C’est dans l’espace que ça se passe
La réglementation des ondes radio dans l’intérêt
des grosses compagnies
Public ou privé ?
Les communications d’entreprise
Apprendre aux gens à chanter à l’unisson
avec les grosses compagnies
La « téléconsommatique »
Liberté d’expression à vendre
CHAPITRE V Trouver l’énergie
Les subventions dans le secteur des combustibles fossiles
Les subventions pour les autres sources d’énergie
L’industrie atomique et le partage des coûts
De l’énergie pour le « développement
»
Un changement de direction : la voie de l’énergie
douce
CHAPITRE VI Comment on apprend à servir
le marché mondial
Apprendre à regarder le monde d’un œil
industriel
Apprendre à vénérer la technologie
Se former dans le sens d’une économie
d’entreprises
Apprendre à consommer
Le « matériel pédagogique »
des grosses compagnies
Redonner sa place à l’éducation
CHAPITRE VII La recherche : qui paie ? et
qui en tire profit ?
Une relation bien intime
Haute technologie et grande échelle
La sape des petites entreprises
Les établissements d’enseignement supérieur
Savoirs locaux et économie locale
CHAPITRE VIII L’expansion des infrastructures
: la course au néant
La course est engagée
La fin de l’économie à petite
échelle
Des infrastructures partout
CHAPITRE IX Les règles du jeu : le
libre-échange
La mainmise des grosses compagnies
L’herbe est plus verte chez le voisin
L’ouverture des marchés
« Réglementer » les grosses compagnies
CHAPITRE X Beaucoup de réglementations,
bien peu d’effets
Les mythes de la réglementation
Plus grande l’échelle, plus nombreuses
les réglementations
Au détriment des petits
Redéfinition des limites des grosses compagnies
CONCLUSION Mais pourquoi continuent-ils ?
Un dollar, un vote
Les « portes pivotantes »
Entre gens du même milieu
Des solutions uniquement industrielles
Les temps ont changé
L’avantage comparatif
Les coûts cachés
La dissolution de la démocratie
Dans l’espoir d’un avenir meilleur