Léon
Tolstoï (1828-1910) est reconnu comme un des
plus grands écrivains de la littérature
mondiale. Ses œuvres de fiction, tels Guerre
et paix, Anna Karénine ou La
mort d’Ivan Ilitch, sont encore lues aujourd’hui
et disponibles dans toutes les librairies. Mais on
tend à oublier que Tolstoï n’était
pas qu’un artiste, un auteur de romans et de
nouvelles, mais aussi un penseur religieux qui a joué
un rôle crucial dans le mouvement contestataire
en Russie et qui a été, comme l’a
écrit Gandhi, «le plus grand apôtre
de la non-violence» de son époque.
En s’inspirant de ses convictions religieuses,
et, plus spécifiquement, du principe de non-résistance
au mal, il condamnait catégoriquement toute
forme de violence, qu’elle se manifeste dans
la guerre, la peine de mort ou l’exploitation
du travail d’autrui. Et, conséquence
ultime de ce principe, il niait également l’État,
qui, selon lui, n’était qu’une
institution servant à protéger les privilèges
des riches et dont les instruments militaires, policiers
et judiciaires maintenaient le peuple dans l’esclavage.
La plupart des écrits où Tolstoï
exprime ses idées anarcho-pacifistes n’ont
pas été publiés en français
depuis environ un siècle. Le présent
recueil propose un choix d’essais qui donnent
aux lecteurs contemporains l’occasion de découvrir
cet aspect méconnu, mais pourtant fascinant,
de son œuvre: le Tolstoï libertaire, hérétique,
censuré par l’État, excommunié
par l’Église, qui rêvait d’un
monde sans violence où triompheraient l’amour,
la paix et la fraternité universelle.
Éric Lozowy, qui a choisi et traduit
du russe ces essais, en signe la présentation
critique; il enseigne à la Faculté d’études
russes et slaves de l’Université McGill,
à Montréal.
TABLE DES MATIÈRES
Présentation par Éric Lozowy
Le patriotisme ou la paix?
Les deux guerres
L’esclavage de notre temps (extraits)
Tu ne tueras point
Le mémento du soldat
Le mémento de l’officier
Fin de siècle (extraits)
Je ne peux pas me taire
Lettre à un Hindou