Les concepts de «bien commun» et
de «bien public» sont en voie de disparition.
De plus en plus, le caractère sacré
de la vie et les droits universels sont relégués
au domaine de la rêverie, alors que le pragmatisme
du monde des affaires, la primauté accordée
à la «rationalité» de la
finance, la foi sans bornes dans la science et la
technologie dominent le monde occidental. Il n’y
a plus de droits collectifs, il n’y a que des
intérêts individuels, surtout ceux des
plus riches, des plus forts et des plus compétitifs.
Tout est en voie d’être réduit
à de la marchandise. La valeur d’un bien,
d’un service, voire d’une personne, est
mesurée en fonction de sa rentabilité
pour le capital financier privé. De même,
les sociétés dominantes ont annihilé
le sens de la fraternité, de l’égalité,
ainsi que le désir de paix, la recherche de
la solidarité. Animées par un esprit
de conquête prétendument légitimé
par une supériorité scientifique et
technologique, elles ont imposé une culture
de guerre totale, mondiale. L’économie
est guidée par des logiques guerrières,
la fameuse compétitivité pour la survie.
Bref, les rêves d’humanité, du
droit à la vie pour tous, d’une autre
économie, de paix et de démocratie ont
été expropriés, détruits.
Voici donc un voyage au cœur de deux univers
bien humains, le premier peuplé par des rêves
de richesse, de puissance, le second par des rêves
de paix, d’amitié, de justice, de liberté.
Le monde d’aujourd’hui est dominé
par le premier d’entre eux. Le deuxième
n’a guère droit de cité. Ceux
qui ont le pouvoir économique, politique et
militaire ont confisqué le droit de rêver
d’humanité: rêver d’amitié,
de fraternité, de justice, de bien-être
collectif, de démocratie, de sécurité
dans la solidarité et dans le respect de tous.
Désir d’humanité constitue
un plaidoyer en faveur de la reconquête de ce
droit.
Économiste et politologue, Riccardo
Petrella est professeur à l’Université
catholique de Louvain (Belgique). Il est le fondateur
du Groupe de Lisbonne et l’animateur du Comité
promoteur pour le contrat mondial de l’eau.
Il est l’auteur de nombreux essais, dont L’eau.
Res publica ou marchandise? (La Dispute, 2003).
TABLE DES MATIÈRES
AVANT-PROPOS Au cœur de deux univers
INTRODUCTION Les voleurs de rêves
La «naturalité» et l’inévitabilité
prétendues de la guerre et de la pauvreté
L’emprisonnement du possible
Absence de sens et logiques de violence
CHAPITRE
PREMIER La force des humains
Logiques de construction
Le devenir se construit: le hasard, le nécessaire,
le volontaire
Le devenir est pensé: l’imaginaire, le
désir, le rêve
Le rôle «politique» du rêve:
l’importance du rêve aujourd’hui
CHAPITRE
II Rêves de richesse et de puissance
Logiques de survie
L’expropriation du rêve par l’utilitarisme
individualiste et la passion du «moi, mieux
que les autres»: «être riche»
Le rêve mondial du capitalisme: la société
marchande universelle
Le rêve de la création de la vie et de
l’immortalité
Le «nouveau» rêve américain:
la destinée impériale des États-Unis
CHAPITRE
III Rêves de justice et de solidarité
Logiques de vie
Le rêve du droit à la vie pour tous:
la pauvreté doit être déclarée
illégale
Une autre économie: de nouvelles «règles
de la maison»
Le rêve de la paix universelle: reconnaître
l’humanité
Rêve de démocratie: participation à
tous les niveaux
CONCLUSION Le temps des impossibles
Le constat
L’invitation
Une proposition (au monde de la science, de la technologie,
de l’éducation