Le développement des pôles urbains au détriment des zones rurales est une réalité depuis longtemps décriée. Les campagnes se vident, posant un véritable problème d’occupation du territoire. Et si l’avenir de nos régions passait par une nouvelle façon de penser la vie rurale et une plus grande prise en charge de notre destinée? Depuis 25 ans déjà, la communauté de Saint-Camille a refusé l’inéluctable, retroussé ses manches et pris son avenir en main.
Afin d’enrayer la chute démographique, quatre habitants ont créé un fonds éthique de financement de proximité, le Groupe du coin. L’objectif : racheter des locaux inutilisés, les transformer pour en faire des lieux attractifs et rassembleurs, créateurs de services de proximité et susceptibles de ramener la population au village. C’est ainsi que le magasin général est devenu Le P’tit Bonheur, centre culturel et communautaire où l’on peut se retrouver pour déguster une pizza « maison » et voir un concert. Puis, c’est au tour du presbytère d’être transformé en coopérative d’habitation pour personnes âgées et en coopérative de soins et services, appelée La Corvée. ?Sans oublier la création d’un salon de diversification agricole pour organiser la relève agricole dans une perspective écologique, ou encore une coopérative d’habitation de 25 terrains, le rang 13, qui comptent parmi les nombreux projets qui animent St-Camille.
Ce ne sont pas les lieux qui font Saint-Camille, mais l’art de la convivialité, de l’accueil, un espace de concertation, incontournable, laissé ouvert à tous, et une capacité à se réinventer collectivement. Cette communauté a eu l’audace de penser un développement axé sur le bien commun. C’est en s’inspirant d’un modèle comme Saint-Camille que nos régions se réapproprieront la place qui leur revient et que le Québec retrouvera une vitalité démocratique.
Jocelyne Béïque est née à Montréal en 1950. Elle a étudié les Beaux-Arts à Québec. Elle a travaillé pendant plus de vingt ans dans le milieu de la mode à Montréal et a passé les dix années suivantes dans le milieu communautaire montréalais pour ensuite retourner aux études. Après une maîtrise en psychopédagogie, elle est partie au Guatemala en tant que bénévole dans un orphelinat. De retour au Québec, elle a fondé avec des amis une maison d’accueil en milieu rural, en Estrie.
TABLE DES MATIÈRES
Remerciements
Note de l’auteure
Note de l’éditeur
Préface
Introduction
CHAPITRE I Une histoire inscrite dans la ruralité
Une baisse démographique menaçante
Des changements dans le modèle agricole
de Saint-Camille
Savoir d’où l’on vient pour décider où l’on va
CHAPITRE II Se prendre en main et construire la cohésion sociale
Avec qui construire la cohésion sociale ?
Comment construire la cohésion sociale ?
Bâtir la cohésion sociale autour de la notion de bien commun
Bâtir la cohésion sociale en dépit des obstacles
CHAPITRE III Se donner les moyens d’agir au nom du bien commun
Promouvoir la notion de bien commun au sein du conseil municipal
Entreprendre au nom du bien commun : la Corporation
de développement socio-économique
Se mettre au service du bien commun : le P’tit Bonheur
Tisser un réseau de liens à l’école primaire
Réfléchir au concept de bien commun : le laboratoire rural
Soutenir les actions ciblant le bien commun : les partenaires supralocaux
Exemples d’actions engagées par une communauté centrée
sur le bien commun
La sauvegarde de l’église
La fierté par l’embellissement
Les liens avec le Mali
CHAPITRE IV Se donner les moyens d’accueillir
Se préparer à l’accueil
Bâtir une offre d’accueil globale
Répondre à la nécessité de se loger
Offrir des conditions favorables à la création ou au maintien d’emplois
Répondre aux besoins en soins de santé
Répondre au souhait de bien s’alimenter localement
Répondre au besoin de s’informer et de réseauter
Répondre au besoin d’être stimulé sur le plan culturel et communautaire
Conclusion
Annexe 1
Annexe 2
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