Le décryptage du nouveau terrorisme qui, pour
la première fois, a frappé de plein
fouet les États-Unis montre qu’il est
inséparable de la mutation du monde et de l’instauration
d’un type de pouvoir global plus inhumain que
jamais. En effet, la politique économique néolibérale
planétaire menée par la sphère
financière, devenue maîtresse du globe,
a complètement perverti les immenses promesses
humaines de la mondialisation. La misère, l’exclusion
de masse et l’humiliation sont la contrepartie
de la marchandisation accélérée
d’une part croissante des activités humaines:
le fanatisme kamikaze, issu de populations en perdition,
ne saurait se dissocier de la financiarisation du
monde, de son information en réseaux et de
son financement par un «argent sale» intégré
au système.
Renonçant à prendre en compte ce diagnostic,
le leadership néolibéral, au premier
chef les États-Unis, se refuse toujours, malgré
quelques faux-semblants, à prendre les mesures
connues qui assécheraient le terreau de la
barbarie hyperterroriste. Comment, donc, une mondialisation
à finalité humaine pourrait parvenir
à l’éradiquer en changeant les
racines du pouvoir actuel, c’est le défi
politique que propose René Passet dans cet
ouvrage.
René Passet est professeur d’économie
à l’Université Paris VII et a
été président du conseil scientifique
d’ATTAC jusqu’en décembre 2001.
Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont L’économique
et le vivant (Économica),
L’illusion néolibérale
(Fayard) et Éloge de
la mondialisation par un anti présumé
(Fayard).